dimanche 4 janvier 2015

Pourquoi il faut soutenir la grève des salariéEs de l'incinérateur !

Depuis le 25 décembre 80% des salarié-E-s de l'incinérateur sont en grève. En cause ? Les conditions de travail dégradées et dégradantes à l'oeuvre à l'intérieur de l'usine, mais aussi les conditions de sécurité et les salaires trop bas imposés par Vernéa/Suez (l'exploitant gérant la délégation de service public).

De l'argent public pour financer l'exploitation et gaver des actionnaires ?

Question conditions de travail, c'est grande amplitude horaire, jusqu'à 6 jours par semaine avec des changements de dernières minute qui sont imposés aux salariés, le tout dans des
conditions qui menacent directement leur santé.

Plusieurs salariés sont sous traitement médicamenteux suite aux conditions de travail :

- pas de masques ventilés pour les travaux de maintenance et difficulté de respirer dans des masques à cartouche standard,
- balayage de trémie avec pelletage de 500kg d'ordures ménagères toutes les 8h,
- manutention des produits chimiques en bidon de 25 à 30kg sans pompe de transfert,
- nettoyage des mâchefers (toxiques) et autres dans les buées à respirer,
- travaux en dehors des compétences des salariés sans les moyens humains ou matériels, manutention de bennes de grande capacité à la main,
- pas de nettoyage des matériels électroménagers, sanitaires et autres...

La liste des griefs est plus que longue et les raisons de se mobiliser plus que légitimes, d'autant que si l'on prend la peine de discuter avec les salariés, il apparaît que Vernéa/Suez développe un management sans respect des personnes, sans écoute des compétences professionnelles et sans partage des consignes. Les travailleurs sont isolés pour des travaux avec pièces lourdes, en hauteur (nacelle), etc... Ils reçoivent des ordres et contre-ordres sans respect des consignes de sécurité et travaillent sans consignation des matériels (électrique, gaz, vapeur...).

Résultat ? L'incinérateur est le site ayant le plus d'accidents du travail de la région et dans la majorité des cas, la direction pressurise les victimes afin de passer les accidents du travail en maladies et postes aménagés.

Pourtant, Vernéa/Suez bénéficie d'une délégation de service public pour traiter nos déchets, et c'est donc avec l'argent de nos impôts qu'elle impose aux salariés de travailler dans ces conditions indignes. C'est au progrès social et écologique que devrait servir cet argent, pas à accroître toujours plus les bénéfices d'une poignée d'actionnaires au détriment de l'intérêt des salariés et de la population.

Une lutte exemplaire... Et une direction crapuleuse...

Depuis le 25 décembre, 80% des salariés sont donc en grève pour obtenir gain de cause et... Campent devant l'incinérateur pour mettre la pression et obtenir enfin des négociations à l'appel unitaire de leurs 3 organisations syndicales (unsa, CGT, CFDT). Passer Noël dehors sous une tente devant l'usine plutôt que de réveillonner comme tout le monde, voilà qui aurait dû alerter la direction sur la détermination et le sérieux des motivations des salariés. Et pourtant...

Après 4 jours de mouvement, il n'y avait toujours aucune négociations, ce qui a poussé syndicalistes, associatifs, citoyens et élus solidaires à aller prêter main forte aux salariés mobilisés. Le 29 au matin, nous étions donc tous là empêchant les camions d'entrer pour ravitailler l'incinérateur et le menacer ainsi d'arrêt. Devant ce blocage inédit, la direction a annoncé des négociations pour le lendemain... Tout en déposant plainte au tribunal administratif pour nous obliger à lever le blocage. Le lendemain donc, forte de sa victoire au tribunal administratif, la direction a eu recours aux forces de l'ordre pour faire lever le barrage et escorter les camions et a annulé unilatéralement les négociations qu'elle avait pourtant promis la veille. Aucun respect de la parole donnée et de ses salariés...

Et depuis ? Loin de désarmer, les salariés continuent le mouvement et appellent les Clermontois-e-s à venir les soutenir... La direction, elle, refuse toujours toute négociation !

C'est aussi l'ensemble des Clermontois-e-s que Vernéa met en danger !

Nous l'avons suffisamment dit : en temps normal l'incinérateur est une usine à poison qui tue et qui pollue. Mais alors en temps de grève ?!

80% des salariés étant grévistes, la conduite de l'incinérateur n'est "assurée" aujourd'hui et depuis plus de 10 jours que par un personnel insuffisant en nombre et pas nécessairement formé ni accrédité aux différentes tâches de travail et de sécurité.

Les nombreux dysfonctionnements et accidents accumulés en seulement 15 mois d'existence avec un effectif complet et minimisés par Vernéa/Suez et le Valtom ne peuvent donc que se multiplier dans cette situation.

C'est peut-être éventuellement pour cela que depuis le début du conflit les mesures de polluants en continu ne sont plus disponibles sur le site www.vernea.fr... Cela peut cacher des dysfonctionnements dangereux et interdit le contrôle du fonctionnement et l'information obligatoires en direction des citoyen-ne-s.

En refusant de négocier, ce n'est donc pas uniquement la vie des salariés que Vernéa/Suez menace, mais aussi celle de l'ensemble des clermontois-e-s qui légitimement pourraient réclamer l'arrêt immédiat de l'incinérateur, en l'absence de fonctionnement normal et de transparence (obligatoire) sur les polluants émis.

Ensemble, nous devons stopper le foutage de gueule !

Vernéa/Suez a plus que largement de quoi satisfaire les revendications des salariés. En 2013 par exemple, les bénéfices de Suez-environnement ont triplé, atteignant 132 millions d'euros pour un chiffre d'affaire de plus de 7,2 milliards d'euros. Avec de tels chiffres et les millions d'argent public que touche l'entreprise, il est plus que légitime que la sécurité du personnel et de la population soient respectée.

C'est ce qu'ont tenu a affirmer les élu-E-s "Front de Gauche Place au Peuple", en apportant leur soutien entier aux salarié-E-s sur le site dès le début de la grève. 

C'est pourquoi, lundi 5 janvier, nous faisons de nouveau appel à tou-te-s les Clermontois-e-s soucieux de la dignité humaine, de l'environnement et de la santé publique à se rendre sur le site de l'incinérateur dès 5h du matin (mais aussi toute la journée) munis de denrées et autres pour soutenir et faire gagner cette mobilisation exemplaire, afin que les salariés qui ont réveillonner sous la tente et en grève ce 31 décembre voient une année 2015 à la hauteur de leurs espoirs...

NARANJO Florent et MAXIMI Marianne, pour le groupe d'opposition municipale et communautaire "Front de Gauche - Place au peuple !"



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