samedi 10 janvier 2015

Positionnement de la GA-Ensemble 63 : Contre tous les fascismes, résistance et solidarité.

        Les attentats criminels perpétrés viennent nous le rappeler : le droit de vivre librement, le droit de penser et de s'exprimer selon sa conscience et ses convictions, ne sont jamais définitivement acquis. Nous avons manifesté notre indignation, notre peine et  notre solidarité. Nous avons eu raison de le faire et nous le referons aussi longtemps et aussi souvent  qu'il le faudra pour signifier que les fascismes qu'ils soient religieux, politiques ou ethniques ne passeront pas.

            Le terme fascisme, nous l'employons à dessein. Car au delà de l'atrocité de ces crimes,  c'est bien à une logique politique que nous avons à faire : une attitude volontaire de mépris total pour la vie humaine, le choix d'imposer sa dictature par les armes et d'exécuter qui ne partage pas sa façon de voir. L'horreur que
nous ressentons c'est l'horreur que vivent chaque jour dans le monde des millions d'enfants,  de femmes  et d'hommes  confrontés aux exactions de bandes armées, aux mafias de multinationales criminelles ou aux agissements  d'états qui imposent la dictature à leur peuple. 

            Le rempart que nous leur opposons, c'est l'union fraternelle et internationaliste  des femmes et des hommes libres, le refus de tous les racismes, de toutes les stigmatisations  et de toutes les exclusions, l'égalité des droits et la justice sociale. Et c'est au nom de ces valeurs que nous entendons  manifester.

            Unité populaire oui,  unité nationale non merci.       

            Nous ne mêlerons donc pas nos voix aux appels à l'unité nationale. D'abord parce que notre solidarité est sans frontière. Ensuite parce que l'histoire nous a appris que l'unité nationale peut conduire aux pires errements guerriers, de la tuerie de 1914 aux guerres coloniales. Enfin parce que le principal objectif poursuivi  au prétexte de garantir la sécurité et de remporter « la guerre contre le terrorisme » est de préparer le terrain pour l'adoption de mesures liberticides et la restriction de la démocratie. C'est aussi  de  nous faire accepter et oublier la misère sociale dans laquelle ils nous plongent. Et c'est faire le lit d'un fascisme rampant mais bien réel qui menace d'être porté au pouvoir.

            La raison politique et la morale convergent pour de ne rien céder, ni aux fascismes  ni aux briseurs de vie qui réduisent les peuples au désespoir. Nos indignations ne seront pas sélectives. Elles ne s'arrêteront pas aux frontières de l'Arabie Saoudite ou du Qatar avec qui nos gouvernements de droite comme de « gauche » continuent sans problèmes le commerce des armes. Elle ne se confondront pas  avec les agissements  des incendiaires qui cherchent à enraciner un clivage opposant entre elles des  fractions de la population  en fonction de leur origine, de leur culture ou de leur religion.  Et elles continueront à condamner sans appel les pratiques barbares de  chasse à l'enfant et aux familles de sans papier dont nos  ministres de l'intérieur et nos premiers  ministres successifs se sont fait une spécialité.   

            Faire vivre l'esprit de Charlie.        

            Ce choix, c'était pour l'essentiel celui  de Charlie, choix du refus des  fanatismes bien sûr, mais aussi du militarisme, du fondamentalisme financier et du totalitarisme de marché, celui  aussi du refus de  arrangements hypocrites et de la mise au pas de la pensée  critique. Nos amis du Monde Diplomatique l'expriment mieux que nous  : 
« Nous ferons tout pour qu'un même coté de la barricade rassemble tous les partisans d'une société émancipée, solidaire et joyeuse, pour laquelle se battaient aussi les journalistes et les dessinateurs de Charlie Hebdo »

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