mercredi 9 septembre 2015

Migrants : un début de Solidarité, enfin !



Il a fallu une photo, prise à l'autre bout de l'Europe. Une photo pour que le Parti Socialiste au pouvoir se rappelle qu'il a été de gauche. Une photo pour que les pouvoirs publics se rappellent l'impératif de solidarité qu'ils ont défendu, et auquel notre pays est engagé par les traités internationaux. Le gouvernement, et même notre Maire, M. Bianchi, ont annoncé vouloir « faire face à l'urgence ». Mieux vaut tard que jamais, et Ensemble 63 s'en réjouit.

Pourtant, nous ne pouvons que regretter que cela s'apparente plus à une opération communication, tant les annonces faites sont dérisoires au vu d'une situation qu'ils ont laissé pourrir des années durant.


Rappelons que le gouvernement Hollande, malgré ces engagements, n'a en rien modifié l'orientation de la politique anti-immigration de Nicolas Sarkozy, calquée sur celle du Front National. Qu'il s'est félicité, par la bouche de Manuel Valls, de taux d'expulsions encore supérieur à celui de ces prédécesseurs de droite. Et que le nombre de régularisations est ridiculement faible, condamnant des centaines de familles en France à une misère sans fin, sans droit de travailler, sans prestations sociales, sans espoir.

Rappelons que chaque expulsion coûte en moyenne plus de 60 000 euros, et que les 25 000 expulsions fièrement revendiqué par le ministère de l'Intérieur en 2014, ont donc coûté 1.5 milliard d'euros...

Rappelons, pour ce qui concerne Clermont-Ferrand, qu'en 2013, c'est déjà l'urgence qui avait mis à la rue 350 personnes, hommes, femmes, enfants, vieillards, qui avaient alors occupés la Place de Jaude pendant plus de 10 jours. Cette occupation avait alors révélé les conditions déplorables de l'accueil des demandeurs d'asiles en France, déclenchant parmi la population clermontoise une vague de solidarité impressionnante.

Les associations et les syndicats, membres de réseaux d'aides aux migrants, avaient alors expliqué aux pouvoirs publics, Mairie et Préfecture en tête, comment éviter que cela  se reproduise. En vain. Aujourd'hui encore, les mêmes familles vivent sans droits ni avenir, dans les mêmes hébergements d'urgences qu'elles doivent quitter chaque semaine.

Alors oui, nous regrettons que le Maire de Clermont-Ferrand ne découvre le drame de l'immigration que dans les journaux internationaux, et ne s'en préoccupe pas lorsqu'il lui est relaté par les associations et les citoyens de sa propre ville.

Et si nous nous félicitons qu'il souhaite enfin accueillir des réfugiés dans les logements vacants de Clermont-Ferrand – au moins 5000 selon l'INSEE-, nous rappelons que cette solution avait été balayée d'un revers de main en 2013 au profit de l'hébergement en hôtel, 3 à 4 fois plus coûteux, et totalement inconfortable.

Si nous avions été écoutés à l'époque, c'est plus de 500 personnes, français et étrangers, qui  auraient pu retrouver un logis, et se reconstruire un avenir.

Ensemble 63 se réjouit donc de l'accueil de 7 familles syriennes, mais tient à rappeler que, contrairement à ce que répètent la droite et l'extrême-droite, nos capacités de solidarité sont bien plus grandes. Des solutions existent quand on veut les voir, pour les réfugiés qui arrivent aujourd'hui comme pour ceux arrivés hier. Nous veillerons à ce que, cette fois, la solidarité ne soit pas un vain mot.


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